mardi 16 juin 2009

Un p’tit tour sur l’environnement en Oléron

- Mobile Home -

Le style dominant des constructions de l'île d'Oléron sera-t-il prochainement des murs blancs, en plastique, et des toits aux tuiles vertes ou bleues, également en plastique? En effet, on peut se poser la question quand on constate la prolifération presque généralisée de ces "homes" qui n'ont de mobile que le nom et qui sont autant de verrues qui dénaturent notre île. On peut d'ailleurs craindre que ces favelas de plastique ne dégénèrent en métastases qui rongent ce qui fait le caractère unique de notre île et que la nature, sous l'impulsion de générations d'Oléronais, nous avait légué.
Qui est complice, actif ou passif, du contournement de l'esprit de la loi? Quand le législateur, dans sa grande sagesse, institue des zones non constructibles, c'est bien pour qu'elles restent naturelles et exemptes de constructions, surtout sur une telle densité. Prendre une loi d'une autre époque à la lettre et prétendre qu'on la respecte parce que l'on implante des baraquements, soi-disant mobiles, est une hypocrisie qui risque de tuer la poule aux oeufs d'or et d'enlever à notre île ce qui est un de ses principaux atouts: la symbiose de la campagne et de la mer, le pays vert et bleu.
Et les voies de circulation que l'on crée! Les canalisations d'eau, de tout-à-l'égout, voire les réseaux d'électricité et de téléphone! Sont-ils mobiles eux? D'ailleurs cette gangrène semble s'étendre maintenant aux zones urbanisées où l'on voit fleurir ça et là des baraques en plastique; soit que le COS est épuisé, soit que le retour sur investissement est plus rapide. En tout cas, ça sent là également le pognon à courte vue, où l'intérêt particulier à court terme prime sur l'intérêt général à long terme. Ce sont donc maintenant nos villages qui risquent également d'être encore défigurés. L'île y perdra son cachet si particulier et deviendra, à terme, un cimetière de PVC que le vent disloquera quand le temps aura fait son ouvrage. Qui se plaira alors sur l'île d'Oléron? On a l'impression que notre île veut gagner l'oscar de l'incohérence, avec, d'un côté, ce misérabilisme de plastique et, de l'autre, un projet pharaonique qui, de bassin pour les ondines, évolue plutôt vers un tonneau des Danaïdes, en s'évertuant à réinventer un environnement dont la nature, pourtant, a abondamment pourvu notre île: de l'eau et des plages.
Et pendant ce temps-là, les propriétaires, qui le sont parce qu'ils aiment l'île d'Oléron, eux, subissent et passent à la caisse.

De M. Couderchet, propriétaire à la Brée

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