mercredi 23 septembre 2009

Devant votre situation, on ne vous suivra pas..

C’est à vous que je m’adresse M. Franc !

Page

Un blog ami, m’a adressé ceci, vous aussi méditez !! C’est vrai, vous le faites..

Voici :

Page d'histoire : blogs et blogueurs de l'Antiquité à nos jours

Dissertation sur les Libelles diffamatoires, par M. Née, de la Rochelle (1),

L'origine des libelles : la corruption du genre humain :


La corruption du genre humain, & l'origine des Libelles diffamatoires, ont à peu près la même date. Les hommes déchus de leur innocence ne se déterminèrent plus dans leurs actions, que par des principes d'amour propre & d'intérêt ; les injures trouvèrent place dans les contestations que produisit infailliblement le partage des Terres.

Chez les Romains, la mort :


La Loi des XII.Tables est trop curieuse, pour que je ne la mette pas sous les yeux du public. Si qui carmen occentassit quod alteri flagitium faxit, capital esto : ou comme la rapporte Jacques Godefroi : Si qui pipulo occentassit, carmenve condidissit quod infamiam faxit flagitiumve alteri, fuste ferito.

Chez les Romains la peine de celui qui composait des vers, & chantait des chansons contre la réputation d'autrui, était donc la mort, suivant cette Loi.


Des écrits séditieux pour rendre sa malice éternelle ? :


Les Decemvirs qui n'avaient ordonné qu'une peine légère contre les voies de fait, ne crurent pas qu'une mort infâme fut une peine trop sévère contre les Auteurs de ces écrits séditieux, qui voulaient en quelque façon éterniser leur malice.
Cette Loi fut peut-être modérée dans la suite ; il y a même de l'apparence qu'elle ne fut jamais bien exactement observée ; du moins nous lisons qu'Auguste ne punit que de l'exil les Auteurs satyriques, même ceux qui eurent l'audace de l'attaquer & d'insulter sa femme & sa fille. Cette peine trop légère ne fut pas un frein capable de contenir les médisants, qui continuèrent leurs insultes, en sorte qu'on fut obligé dans les siècles suivants de faire une foule de Lois, pour réprimer une licence qui croissait chaque jour.
...
Je me bornerai à rapporter l'Edit, que firent publier Valentinien & Valens, 60 ans après la mort d'Auguste.
« Si quelqu'un, porte cet Edit, a trouvé par hasard un libelle diffamatoire, ou chez lui, ou dans un lieu public, ou dans quelqu'autre endroit que ce soit, il doit le déchirer, dans la crainte que d'autres ne le trouvent, & n'en rien dire à personne ; s'il est assez téméraire pour le montrer à d'autres, il sera condamné comme s'il en était l'Auteur"


Henri III, (XVIème siècle) : brûlons les libelles :

Les Libelles diffamatoires ne furent pas oubliés dans les Ordonnances que Henri III. pour rétablir la police & le bon ordre dans le Royaume.
"Enjoignons à nos Sujets", dit ce Prince dans l'Ordonnance de 1586, "entre les mains de qui tels livres ou écrits tomberont, de les brûler incontinent, à peine d'amende arbitraire".

Louis XIII (XVIIe siècle) : la critique de l'autorité est un crime de lèse-majesté :


Il fit entre autres une Loi, qui renouvella la disposïtion d'Auguste, & mit les Libelles au rang des crimes qui attaquaient sa Personne & son Etat ; comme elle est un précis de toutes celles qu'on a faites sur cette matière, il est à propos de la rapporter. (Ordonnance de 1629. Art. 179.)
« Deffendons à tous nos Sujets, sans aucun excepter, d'écrire, imprimer ou faire imprimer aucuns Libelles ou écrits diffamatoires d'en avoir aucuns d'imprimés ou écrits à la main, contre l'honneur ou renommée de personne, concernant nos Conseillers, Magistrats & Officiers, les affaires publiques, le Gouvernement de notre Etat ; déclarons ceux qui s'oublient, tant que de contrevenir à ce que dessus, spécialement en ce qui regarde les ligues & associations dedans ou dehors le Royaume, criminels de léze-Majesté, proditeurs(2) de leur Patrie, indignes, eux & leur postérité, de tous Etats, Offices & Bénéfices, & privés d'iceux, ausquelles Charges nous entendons pourvoir à l'instant, & en outre déclarons leurs biens & vies confisqués, sans que lesdites peines puissent être modérées par nos Juges."
Je crois ne pouvoir mieux finir cette Dissertation que par le sentiment que M. Houdart de la Motte exprime d'une manière si vive & si noble dans son Ode sur la colère.

Périsse la plume inhumaine ,
Qui, vil instrument de la haine,
Répand un fiel injurieux ;
Les beaux vers ont de puissants charmes,
Mais ce sont de cruelles armes
Entre les mains d'un furieux.
Si quelque dépit nous anime,
Sans le confier à la rime,
Tâchons d'affaiblir ses transports,
Et craignons que notre imprudence,
En éternisant la vengeance,
N'en éternise les remors.

La liberté d'expression au 21ème siècle : époque romaine ou ancien régime ?
Le plus souvent, le pouvoir corrompt, et les révolutions sont à refaire.

(1) Publiée dans le Mercure de France en juillet 1748
(2) Proditeurs de leur Patrie : traîtres à leur Patrie.

Un collègue blogueur citoyen à Brie-sous-Matha ( 17 ), Conseiller Municipal

Par davidrousseau17@gmail.com

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